Bulgarian Folk Ensemble

Si la musique Bulgare est connue en France et à travers le monde c’est surtout grâce à l’énorme succès que rencontre l’ensemble du « mystère des voix bulgares ». Ce chœur féminin a été créé au début des années cinquante par Philip Koutev à l’heure où les ensembles vocaux étaient à l’honneur dans l’Europe du bloc communiste. Koutev a donc fait une sélection de chanteuses exceptionnelles dans les villages de Bulgarie pour leur proposer une formation poussée à la musique traditionnelle bulgare (dont les racines remontent aux empires byzantins et ottomans). Ensuite, et là est le génie de Koutev, il a structuré cet ensemble vocal non pas comme un chœur monophonique accompagné par des instruments mais en basant la structure des chants sur la diaphonie et la dissonance. Ces intervalles de secondes, septièmes et neuvièmes donnent une couleur spectrale à l’ensemble et a marqué durablement son identité.
Il est amusant donc de noter que ce que l’on pense être une tradition vocale remontant du fond des âges, n’est ni plus ni moins qu’une idée de génie initiée par un seul homme, mais n’est-ce pas là l’origine même de ce que l’on appelle la musique traditionnelle? Une idée tellement bonne que personne n’a eu envie d’en changer…
Pour définir ce genre de situation les anglos-saxons utilisent le terme de « fakelore » (fake=simulacre lore=trésor) en opposition au folklore qui lui, serait authentique. Là aussi cela pourrait être sujet à débat. Qui aujourd’hui pourrait remettre en cause l’authenticité actuelle des chœurs bulgares ?
C’est d’ailleurs ce qui me plait dans le disque que je vous présente ici : dès la première note on est amené très loin, très vite. Et pourtant cela semble si moderne, si actuel… Un grand moment de musique assurément.
N’hésitez pas non plus à jeter une oreille sur tous les disques venant du label Gega New de Sofia, chacun d’eux révèle son lot de petits trésors.

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JN

Afrah-Outat El Haj (Maroc Oriental) -

Publier un article sur cette série d’albums de musique populaire marocaine sortie chez le petit label Dyade me paraissait être une évidence. Le travail de collectage est excellent, l’enregistrement est de qualité et le dépaysement est total. De plus, la démarche solidaire du label est à encourager. Mais voilà après pas mal de tentatives il me parait difficile de parler de cette musique que je ne connais que très peu. Reste que je peux faire parler mes sentiments et des sensations très forte que j’ai eu à écouter ces albums. Ici ce qui prime ce n’est pas la virtuosité ou la maîtrise instrumentale mais l’envie de partager par la musique et de communiquer par le chant et le rythme: langage universel !
Même si l’on n’est pas un initié on adhère immédiatement au propos, et la notion de « populaire » prend ici tout son sens.
J’ai choisi de mettre cet album en avant car il représente un excellent panel des différents styles que j’ai pu découvrir, mais tous les albums de cette collection sont de qualité.
Le label produit également un trio de jazz d’excellente facture : le trio Kerkennah.

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JN

Budam-Stories of Devils, Angels, Lovers and Murderers-

Tutl est un label des îles Féroé, petit bout de terre sorti des flots de l’Atlantique nord au large de l’Ecosse et de l’Islande, autant dire au milieu de nulle part.
On se demande vu d’ici comment des gens peuvent vivre là-bas et surtout quelle vie culturelle et musicale a bien pu s’y développer. Et là comme d’habitude lorsque l’on s’accroche à nos aprioris, on tombe de haut. Le paysage musical Féroiens existe et il est bien vivant.
Le cas de ce label est intéressant car il illustre tout à fait ce que les artistes sont capables de faire face à l’adversité. Plutôt que de s’enfermer dans un style musical ou de chercher à s’acoquiner avec des labels continentaux (les îles Féroé sont rattachées au Danemark) Tutl produit des artistes locaux tous genres confondus. En résulte un melting-pot sonore où se croisent sous le même toit jazz instrumental de haut vol, folk bon teint et pop scintillante.
Et ça marche, on s’attache à cette démarche sincère et cette évidente position qui est de se serrer les coudes face à l’adversité. Une leçon à prendre…
Budam fait donc partie de ces artistes qui nous surprennent en nous emmenant dans des territoires pour lesquels nous ne nous étions pas préparés. Il ne joue pas une musique mais SA musique dans laquelle il est facile de se sentir bien. C’est vrai au départ on est un peu décontenancé mais les repères apparaissent vite car l’univers est bien construit même si légèrement déjanté ( il suffit de lire la bio de l’album en anglais pour se demander à quoi carbure le jeune homme…). On retrouve des accents jazzy un son un peu rétro accentué par un piano bastringue et une voix qui n’est pas sans rappeler le génial Tom Waits, excusez du peu.
Une belle découverte !

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JN

Bashavav-Retour de voyage-

Bashavav est un groupe breton… qui ne joue pas de musique bretonne… En fait ils représentent exactement ce que je défends depuis bien longtemps et qui commence à légèrement changer depuis quelques temps dans le paysage des musiques traditionnelles : le décloisonnement .
Il n’est en effet pas nécessaire d’être autrichien pour jouer Mozart ou d’être noir pour faire sonner le Blues, la musique est universelle et doit le rester.
Pour en revenir à Bashavav, même si ces derniers sont basés autour de Rennes, leur musique voyage et se perd quelque part dans l’est de L’Europe, entre la Transylvanie et le Bosphore, pour composer un univers qui leur est propre. La force des membres de Bashavav, c’est de connaître exactement leurs limites, jamais ils ne s’aventurent au delà de leurs connaissances qui sont déjà très vaste.
Le maître mot des musiques de l’est c’est la virtuosité souvent volubile jusque parfois l’agacement. Ici rien de tout ça on ne parle pas pour ne rien dire, on raconte comme un récit de voyage le trajet, les étapes, les rencontres.
Les instruments parlent et vivent, la clarinette pleure, la guitare sautille, le violon crie, la contrebasse marmonne et l’accordéon se marre. Un beau groupe, un bel album, bref un rendez-vous à ne pas manquer !

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JN